Un retour au source

Publié le par Mayur

Le Congrès international des mathématiciens (CIM) 2010 se tient en Inde, à Hyderabad, capitale du Andra Pradesh,  État de l'Inde du sud,  du 19 août jusqu'au 27 août.

 

Chiffres

 

Trois Français ont été à l'honneur. La médaille Fields, le « Nobel des mathématiques », a été remise à deux Français Cédric Villani et Ngo Bao Chau, d'origine vietnamienne. Le Prix Gauss, qui consacre les applications mathématiques, a été décerné à Yves Meyer. Cette manifestation qui a lieu tous les 4 ans réunit plus de 3 000 mathématiciens venus du monde entier. L'Inde regorge de figures qui ont marqué l'histoire des sciences formelles (algèbre, géométrie...) et peut être considérée comme le berceau des mathématiques nécessaires au calcul.

 

Au pays d'Âryabhata

 

Un des plus grands mathématicien et astronome indien, Âryabhata a vécu de 476 à 550. Dans son livre Aryabhatiya, rédigé en 499, il donne une bonne approximation de Pi (3,1416). Il a été le premier, en Inde, a adopté la notation positionnelle, procédé également appelé système de numération: ensemble de règles, signes et gestes pour mimer les nombres. Par exemple dix-sept est l'addition de 10 + 7.

Dans le même ouvrage, Âryabhata présente ses théories selon lesquelles la Terre tourne autour de son axe et que les distances entre les planètes sont exprimées par rapport à la distance entre la Terre et le Soleil. L'héliocentrisme par définition. Il mesure également la durée de l'année: 365 jours, 6heures, 12 minutes et 30 secondes. Une valeur trop grande de 3 minutes et 20 secondes.

 

Nos « chiffres arabes » sont indiens

 

Au début de l'ère chrétienne, en Inde, les Siddhanta, traités d'astronomie utilisent les « nombres-mots » pour énoncer les grands nombres. L'absence d'un chiffre, « notre » zéro est marqué par un sunyata, qui signifie vide en sanskrit. Mais on trouve aussi le terme bindu,qui veut dire point. C'est ce point qui évoluera vers notre notation du zéro. Et la diffusion en Europe de ces dix chiffres indiens sera assurée par Al-Khwarizmi, mathématicien et astronome musulman.
Dans son
Livre de l'addition et de la soustraction d'après le calcul indien, Al-Khwarizmi décrit le système des « chiffres arabes » (empruntés aux indiens) et transmet ces chiffres avec les règles de calcul au Moyen-Orient et au Califat de Cordoue d'où Gerbert d'Aurillac, philosophe, mathématicien et premier pape français en l'an 1000 (Sylvestre II), les fera parvenir au monde chrétien.
Les chiffres étant utilisés par les Arabes, l'Occident médiéval les a appelés « chiffres arabes » sans connaître leur origine indienne. Dans la langue arabe, les chiffres utilisés en arabe eux-mêmes sont appelés « chiffres indiens ».

Ces mathématiciens réunis à Hyderabad utilisent bel et bien la méthode indienne pour réaliser leurs travaux.

 

 

Mayore Lila Damji

 

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