Quel avenir pour les femmes indiennes?

Publié le par Mayur

Le monde compte, depuis le 31 octobre 2011, 7 milliards d’habitants mais le déséquilibre des sexes plane sur l’Inde et la Chine qui représentent à eux deux un tiers de la population mondiale.


« Le corps des femmes n’est pas une marchandise, ni à vendre, ni à prendre 
», pouvait-on lire sur les nombreuses banderoles que brandissaient les 2 500 femmes réunies samedi 5 novembre à Paris. Elles s’étaient réunies pour dénoncer les violences faites aux femmes dans le monde. Le sept milliardième habitant de la planète est une fille*. Danica Camacho a vu le jour aux Philippines. Un pays d’Asie peuplé par plus de 100 millions de personnes selon le CIA Factooks. Mais les Philippines sont loin derrière la Chine et l’Inde qui caracolent en tête avec respectivement 1 milliard 336 millions et 1 milliard 186 millions d’habitants.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b1/World_population.PNGEn 2050, l'Inde dépassera la Chine avec 1,7 milliard d'Indiens contre 1,3 de Chinois


L’Inde a aussi annoncé que le bébé symbolique est né sur son sol. Il s’agit d’une d’une fille, elle se nomme Nargis, née à Luknow, près de New Delhi. Un pied de nez à la masculinisation galopante que connaît le pays ?

En Inde, les filles sont considérées comme un fardeau. Leur naissance compromet non seulement la descendance du père de famille, mais elle représente aussi un coût financier. Car, lors du mariage les parents de la fille doivent verser une dote à la famille du marié, poussant parfois le père de la mariée à s’endetter jusqu’à la fin de sa vie.

Après le mariage, les violences contre les femmes sont très courantes. Selon l’Association internet pour la promotion des droits de l’Homme (AIDH), 40% des femmes indiennes mariées sont battues ou violées par leur époux. Certaines n’osant pas dénoncer leur situation s’immolent par le feu.

Les femmes indiennes manquent à l’appel


Dans le sous-continent indien, il y a 112 garçons pour 100 filles. Les écographies pour connaître le sexe du fœtus sont monnaie courante, même si les autorités indiennes interdisent cette pratique. Selon la professeure Sonia Balhotra, « plus de 500 000 foetus de sexe féminin sont avortés chaque année en Inde. Le phénomène s'observe surtout dans les familles hindoues riches et éduquées ».

Vingt et un ans auparavant, l’économiste et prix Nobel d’économie indien, Amartya Sen, s’alarmait dans un article intitulé  « Plus de 100 millions de femmes sont portées manquantes ». Ce chiffre a désormais atteint les 150 millions d’après les estimations des démographes.

Christophe Guilmoto, démographe, juge que dans ces sociétés indienne et chinoise  « non seulement les hommes vont devoir se marier à un âge plus avancé, mais ils risquent de devoir rester célibataires dans des pays où presque tout le monde avait l'habitude de trouver une femme ».

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/37/Indian_Women_3488.JPGA l'époque médiévale indienne, les veuves devaient se jeter
dans le feu après la mort de leur époux


Cette pénurie des femmes aura son impact sur la société dans cinquante ans et sera similaire au réchauffement climatique, non visible mais bien réel. L’Inde se dirige-t-elle vers un phénomène de polyandrie, une société où la femme aurait plusieurs époux ? Le Mahatma Gandhi avait pourtant prévenu les Indiens : « Appeler les femmes "le sexe faible" est une diffamation ; c'est l'injustice de l'homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l'humanité, l'avenir appartient aux femmes ».

 

Mayore Lila Damji


*L’Onu a désigné Danica Camacho comme le nourrisson symbolique.  

 

Crédits photos: link

 

ONU Femmes: link

 

Association internet pour les droits de l'Homme (AIGH): link

Publié dans Inde

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