Le poète voyageur bientôt sur les écrans de cinéma

Publié le par Mayur

La vie de Rabindranath Tagore, le dramaturge, écrivain et compositeur indien, a été rarement traitée à travers un film. Le réalisateur argentin, Pablo César*, va s’essayer à porter à l’écran une partie de l’existence de Tagore.

 

Thinking Of Him (En pensant à lui) est le titre du film que le cinéaste argentin tournera en Argentine et à Kolkata dans l’État du Bengale où Tagore a vécu une grande partie de sa vie. Le nom du film renvoie également à l’intitulé de la lettre de Victoria Ocampo qu’elle a rédigée lorsqu’elle a appris la mort du poète indien, en août 1941.

Pablo César souhaite faire interpréter le rôle de Tagore par Amithab Bachchan. L’acteur emblématique du cinéma indien qui a son actif plus de 200 films. « Nous avons obtenu une aide financière de la part de l’Association argentine du cinéma. Et maintenant, nous allons solliciter
Amitabh Bachchan», a déclaré Pablo César, qui est à Goa pour assister à la projection de son film Shores au 42ième Festival international du film en Inde (IFFI). D’autres actrices et actrices latino-américains figureront également dans le film.

 

Rabindranath_Tagore_and_Victoria_Ocampo_.jpgRabindranath Tagore avec Victoria Ocampo,
dans le manoir de la famille Ocampo


L’histoire se déroule sur deux périodes distinctes : le 21ième siècle où une jeune fille argentine qui étudie en Inde fait des recherches sur Tagore et Victoria Ocampo, et le 19ième l’époque à laquelle les deux intellectuels se sont rencontrés.

 

En pensant à elle

 

1924, Rabindranath Tagore se rend en Amérique latine après avoir visité la Chine et le Japon. Arrivé dans la capitale argentine, Buenos Aires, Tagore est victime d’une grippe, qui l’empêche de partir pour le Pérou. Il est alors hébergé pendant deux mois à San Isidro, un arrondissement de Buenos Aires, par une de ses admiratrices : Victoria Ocampo, une femme de lettres issue de l’aristocratie argentine.

 

Après avoir lu Gitanjali, l’Offrande Lyrique, en 1914, livre de Tagore publié en 1910 et pour lequel il a reçu le prix Nobel de littérature en 1913, elle écrit en 1924 La joie de lire Tagore, un livre sur les œuvres de l'écrivain indien. Profondément touchée par Gitanjali, elle déclare par la suite « Gitanjali a couvert d’une rosée céleste mon cœur de 24 ans en souffrance ». 


 Et pendant deux mois Tagore et Victoria partageront leur quotidien. Une relation, non seulement entre les deux artistes mais également entre l’Inde et l’Argentine, vient de voir le jour. Victoria Ocampo n’en est pas consciente mais elle est en phase de devenir la muse, l’inspiration de Rabindranath Tagore. Ami Chini Go Chini Tomare, Ogo Bideshini (Je te connais parfaitement, O femme étrangère, je te connais parfaitement), cette chanson Tagore l’avait composée en 1895 et il donne une traduction à Victoria quelques jours après leur première rencontre.

 

 


 

 

Après son départ d’Argentine, Tagore tient une correspondance avec Binaya, traduction indienne de Victoria. Dans ces échanges de lettres, il revient en permanence sur ses souvenirs de la maison de San Isidro. «Mon esprit retourne sur la véranda de San Isidro. Je me souviens encore très bien du festival exquis des fleurs rouges et bleues scintillant dans la lumière du soleil levant… ».

Le Nobel
indien de littérature a écrit deux poèmes dans lesquels il s’adresse directement à Bijaya. Le premier, l’Invitée qui commence par ces lignes : « Durant mon séjour au delà des mers, tu as rempli mes jours par le nectar de ta douceur… ». Le second a été rédigé en avril 1941, à quelques mois de la mort de Tagore. Un poème qui s’intitulait Les derniers mots. 

 

 

Mayore Lila Damji

 

*Pablo César est connu pour avoir coproduit des films avec différents cinéastes indiens, tunisiens ou maliens. Il enseigne depuis 1992 à l’Université du cinéma de Buenos Aires.

 

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