L'Inde, nouvelle vitrine du football-business?

Publié le par Mayur

Après le Qatar, la Chine, L’Inde s'ouvre au football mondial. Avec le lancement de son championnat de football, Premier League Soccer (PLS), l’Association indienne de football a fait appel aux anciennes gloires du ballon rond.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2e/Saltlake_stadium_kolkata.jpg?uselang=frSalt Lake Stadium, stade où évolue l'équipe de football de Kolkata.
Il peut accueillir 120 00 personnes

 

Le film du réalisateur franco-britannique Roland Joffré, La Cité de la joie, a été tourné en 1985 à Kolkata (Calcutta en anglais), où le héros est confronté à la misère et la pauvreté des gens des bidonvilles mais c’est dans ces bas-quartiers qu’il découvre la joie de vivre des laissé-pour-compte.

 

Et aujourd’hui, c’est loin des bidonvilles et de la misère que se joueront les matches de football. Avec un salaire compris entre 500 000 et 1 million de dollars (entre 300 et 700 000 euros) pour un mois et demi de compétition, c’est bien dans un autre monde que les Pirès, Cannavaro et consorts vont vivre. L’Association indienne de football (AIF) organise ce championnat en partenariat avec Celebrity Management Group (CMG) dans le but de « renforcer et développer le football et ses structures dans la région ».  

 

Le football dans les pas du cricket

 

Le coup d’envoi du championnat sera donné le 25 février, l’occasion pour les six équipes du Bengal occidental (Kolkata, Howrah, Barasat, Durgapur, Midnapore et Siliguri) de faire étalage de leurs nouvelles recrues que les propriétaires auront acquises après une vente aux enchères.

 

Car, en Inde, le marché des transferts n’existe pas, ou du moins pas encore. Le recrutement des joueurs de football doit s’adapter à celui du sport roi, le cricket. Réunis dans un hôtel luxueux, les propriétaires, agents de joueurs et autres acteurs du showbizz ne lésinent pas sur les moyens pour s’acquérir les meilleurs joueurs et former ainsi l’équipe de cricket la plus compétitive. Le football marchera-t-il dans les pas du cricket? « Le but (des enchères des joueurs de football) consiste à placer chaque grand joueur et chaque entraîneur dans une des six équipes en lice », explique Bhaswar Goswami, co-organisateur du championnat.

 

Les nouvelles têtes d’affiche du championnat de football indien comme Jay-Jay Okocha (Nigéria), Fernando Morientes (Espagne), Robbie Fowler (Irlande) et Hernan Crespo (Argentine), qui ont toutes plus de trente ans, seront suspendues aux coups de marteau pour connaître leur prochain club et ceux qui les entraîneront. Là aussi, l’Association a mis les petits plats dans les grands. L’ancien défenseur d’Arsenal Tony Adams, ainsi que l’entraîneur anglais, Peter Reid et le Jamaïcain John Barnes, entre autres, distilleront leurs conseils depuis le bord du terrain.

 

Pom-pom girls pendant les rencontres

 

Les propriétaires des équipes seront autorisés à débourser au maximum 2,5 millions de dollars (1,5 million d'euro) pour acheter des joueurs et composer leur effectif, rapporte le site internet du journal Times of India. Les droits de diffusion n’ont pas encore été attribués mais l’AIF espère les vendre en Asie, en Europe et aux Etats-Unis.

 

Mise aux enchères, salaires atteignant des millions de dollars et droits de diffusion. Le développement du football indien imite l’évolution de la balle et de la batte en Inde. Les investisseurs et les propriétaires des clubs de cricket ont eu le nez creux et ont surfé sur l’engouement populaire autour du cricket pour investir des millions. Ils ne seront pas en reste pour financer les clubs de football.

 

L’Inde c’est aussi les strasses et paillettes et la Fédération indienne de cricket a vite flairé l’affaire en appelant des pom-pom girls pour égayer les rencontres de cricket. Quid de la présence des "cheer-leaders" lors matches de football ?

 

Comme dans le cricket des mannequins ou autres danseuses russes ou américaines dandineront-elles dans leur accoutrement léger à chaque but marqué pour divertir le public ?

 

Tout cela reste à confirmer mais le football en Inde prend bel et bien le chemin du sport business.

 

Mayore Lila Damji

 

Articles sur la thématique du football et l’Inde :

 

Les nouvelles ambitions de l'Inde sur la planète football
(article paru sur le site www.lemonde.fr)


Du Parc des Princes aux bidonvilles de Calcutta

 

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