L'Inde en Afrique du Sud

Publié le par Mayur

 

La communauté indienne est minoritaire en Afrique du Sud mais des liens historiques unissent le Sous-continent et la nation "arc-en-ciel" depuis plus de cent ans. 2,6% des 49 millions de sud-Africains sont d’origine indienne. Les deux tiers des Indiens d’Afrique du Sud sont hindous, ceux qui pratiquent l'hindouisme. Les autres sont musulmans.

 

 

Aujourd'hui, quatre « Indiens » sud-Africains sur cinq ont pour ancêtres des « travailleurs sous contrat ». La plupart des descendants des immigrés indiens ont oublié le nom de leur village d'origine, voire de l'État. Ils ont en mémoire qu'une origine linguistique qui leur sert d'appartenance régionale.

Les descendants des marchands, au contraire, ont gardé des liens matériels entre l'Inde et l'Afrique du Sud. Haribhai Spice Emporium, un grand magasin alimentaire spécialisé, traite avec la ville de Mumbai, lieu de courtage majeur et port d'entrée et importe des épices, du riz et des bâtons d'encens.

Le pays des ancêtres est présent dans la culture quotidienne et domestique (nourriture, musique, cinéma). Certaines fêtes religieuses qui ne sont plus célébrées en Inde depuis des décennies le restend encore à Durban. Les associations culturelles "régionalistes" comme le Natal Tamil Federation ou le South Indian Forum sont très vivantes. 

 

Migrations coloniales

 

Pour pallier le manque de main-d'œuvre lié à l'abolition de l'esclavage en 1834 dans les colonies britanniques, les autorités coloniales mettent en place l'émigration sous contrat. Des dizaines de milliers d'Indiens pauvres, généralement Gujaratis, musulmans ou de caste marchande, sont recrutés pour partir travailler en Afrique dans les champs ou mines pendant cinq ans. Cette classe de travailleurs manuels étaient appelés « coolie », terme péjoratif qui désigne dans la littérature coloniale un porteur, un travailleur. Ils ont été placés dans le KwaZulu-Natal, ville côtière au Sud-est de l'Afrique du Sud.

Mais leur condition est une prolongation de l'esclavagisme. Ils ne jouissent d'aucun droit de travail ni civique. Les mariages inter-raciaux sont interdits et les unions non-catholiques sont déclarés illégitimes. 

 

Le pays où Gandhi a fait ses armes

 

Dans les années 1950, l'Inde met en place un embargo international à l'encontre du gouvernement ségrégationniste d'Afrique du Sud. L'État indien a été un des plus ardents adversaires de l'apartheid sans doute en raison des vingt et une années passées par Gandhi en Afrique du Sud.

Ce dernier arrive en Afrique du Sud en 1893, pour défendre les intérêts d'une entreprise indienne implantée au Natal. Comme les Noirs et les Métis, les Indiens ont aussi souffert des lois scélérates qui leur imposaient notamment des zones de résidence spécifiques, et un « pass » obligatoire pour circuler au-delà.

C'est à la gare du Natal que Gandhi mesure l'ampleur de la ségrégation. Voyageant avec un billet de première classe, réservée aux blancs, il est jeté du train pour avoir refusé de changer de compartiment. Un « homme de couleur » devait se trouver dans le fourgon. Cette humiliation n'est que le début d'une séries de traitements inhumains auxquels il sera confronté.

A partir de 1893, il organise la lutte pacifiste de la communauté indienne pour ses droits civiques et contre les lois séparatistes, ce qui lui vaut plusieurs séjours en prison. Face aux politiques racistes, Gandhi applique pour la première fois le principe de résistance non-violente. Après son départ de l'Afrique du Sud en 1914, un « Congrès Indien d’Afrique du Sud » (South African Indian Congress) voit le jour.

 

Mayore Lila Damji

 

Publié dans Inde

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