L’Inde, dépotoir des déchets électriques et électroniques

Publié le par Mayur

 Selon une étude menée, en 2008, par l’Agence centrale de contrôle de la pollution, l’Inde a produit, en 2005, 146 800 tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Et le ministère indien de l’environnement estime que ces chiffres pourraient atteindre les 800 000 tonnes l’année prochaine.

 

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2012 marquera l’entrée en vigueur en Inde d’une nouvelle loi concernant la gestion des déchets d’équipements électroniques et électriques. Les autorités indiennes exigeront des groupes industriels qu’ils soient entièrement responsables du recyclage de leurs produits électroniques arrivés en fin de vie. Des entreprises comme Nokia ont pris les devants. L’entreprise de télécommunication a mis en place un programme pour récupérer ses téléphones.

 

Alors que l’Union européenne (UE) a renforcé, en janvier 2011, sa législation en matière d’exportation illégale des déchets d’équipements électroniques et électriques en dehors de l’UE, les D3E continuent à être exportés vers les pays du Sud.

 

Aux déchets indiens s’ajoutent ceux qui viennent d’Europe, des États-Unis et des Émirats Arabes Unis.  50 000 tonnes de déchets électroniques en provenance des ces pays sont déversées, chaque année, en Inde. Les décharges débordent d’ordinateurs, téléviseurs ou produits électroménagers usagés. A Alang, ville côtière de l’État du Gujarat à l’Ouest de l’Inde, les résidus de mercure, de plomb, de cadmium, de zinc, d’arsenic sont abandonnés à l’air libre. Greenpeace India a d’ailleurs dénoncé ce dépotoir toxique à ciel ouvert.

 

Une fois désossés, les déchets sont enfouis dans le sol avec les substances toxiques qu’ils contiennent ou brûlés sans traitement préalable, contaminant les nappes phréatiques ainsi que l’air.

 

Les normes de sécurité et de sûreté bafouées

 

L’Inde ne compte qu’une vingtaine de centres de recyclage reconnus par l’État, alors que plus de 90% du traitement des déchets électroniques se fait sur le circuit informel. Une filière de recyclage loin d’être contrôlée par l’État et qui emploie une main-d’œuvre sans respecter les normes de sécurité et de sûreté. Des femmes, des hommes et surtout des enfants démontent les appareils usagés sans aucune protection. Ils respirent la poussière et les fumées qui émanent du métal fondu.

 

Ils s’exposent ainsi à diverses complications de santé comme l’asthme ou des maladies cutanées. Mehbub, travailleur dans un des centres de recyclage illégal de New Delhi, affirme à un journaliste de l’AFP que ce travail est dangereux pour sa santé : « toutes ces particules se faufilent à l’intérieur de ma poitrine. Nous avons de la fièvre, nous toussons, nous avons mal aux articulations. Nous disons à tout le monde de ne pas faire ce travail,  en travaillant ici quelqu’un qui doit vivre 70 ans meurt à 40 ans ».

 

Mayore Lila Damji


 

Vidéo de l'AFP : Les déchets électroniques, nouveau défi pour l'Inde

 

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