Gandhi, le spirituel à Strasbourg

Publié le par Mayur

« Coopération nucléaire entre l’Inde et la France »,  « l’Inde avec les autres pays du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) rachète la dette européenne ». L’ambassadeur de l’Inde en France, Rakesh Sood et le président de l’association Inde-Alsace, Kaushik Gupta, ont respectivement rappelé, à l’occasion de l’inauguration de la statue de Gandhi à Strasbourg, le rôle joué par l’Inde dans le monde d’aujourd’hui.

 

Certes, le pays de Gandhi a lancé sa première mission spatiale, Chandrayaan, en 2008. Certes, les informaticiens indiens émigrent en masse vers l’Europe et les Etats-Unis. Mais l’Inde n’est pas uniquement un fleuron économique mondial. Ce pays se distingue aussi par sa richesse spirituelle. Et sacrifier cette spiritualité sur l’autel de la croissance économique, revient à amputer le sous-continent indien d’un organe vital : son cœur. Et l'un des plus célèbres spirituels indiens qui a marqué l'Inde et son histoire est Gandhi.

 

L’esprit face à la brute

La spiritualité rythme la vie des 1,2 milliards d’Indiens quelle que soit leur croyance. Le « Mahatma », la grande âme, a puisé une grande partie de sa force spirituelle dans les anciens écrits indiens comme les Vedas et surtout la Bible. Il disait d’ailleurs « Je suis chrétien, hindou, musulman et juif ». Il était particulièrement attiré par le christianisme comme il est décrit dans les évangiles de Mathieu, Jean, Luc et Marc. De plus, Gandhi a vécu selon les enseignements du Christ, c’est-à-dire en refusant le confort matériel, en adoptant la non-violence. Ses lectures bibliques lui rappellent la Gîta, le livre sacré de l’hindouisme, et notamment ces propos de Jésus : « ... Et moi je vous dis ne résistez pas à celui qui vous maltraite; si quelqu'un vous frappe sur la joue droite, présentez-lui la gauche. Si quelqu'un veut votre robe, abandonnez-lui aussi votre manteau ».  Une citation qui définira, en partie, la politique pacifique du Mahatma en Afrique du sud et pour libérer l’Inde du joug britannique.
En effet, lors de la marche du sel en 1930, Gandhi s’était résolu à ne pas recourir à la violence même si la police de l’empire frappait les partisans non-violents. Les policiers du Raj ont matraqué les manifestants gandhiens et ces derniers n’opposaient aucune résistance. La force physique britannique jurait avec la force de l’esprit des partisans de Gandhi.
Après cet épisode, Rabindranath Tagore ajoutera que cet événement est « pour l’Europe une grave défaite morale ». L’étendard de cette non-violence et de la force de l’esprit sera le rouet que Gandhi introduira dans tous les foyers indiens et qui leur permettra de vivre dignement et s’élever spirituellement.

 

Mayore Lila Damji

 

Crédits photos: Jean, Mayore Lila Damji

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