En Angleterre, la douce lumière de l’Inde

Publié le par Mayur

En Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou dans d’autres pays, Diwali, le nouvel an indien, est fêté comme en Inde. Une célébration loin d’être un événement majeur du calendrier festif occidental mais qui est un exemple parlant du « soft power » ou puissance douce à l’indienne.


Le 25 octobre 2011, en début de soirée, les pétards ont résonné dans les rues de Londres et des autres villes anglaises. Non la Grande-Bretagne ne fêtait pas 2012, 2 mois et 6 jours en avance. Mais elle marquait le passage à l’an 2068. Non ce n’est pas une fiction, la communauté indienne d’Angleterre célébrait bel et bien Diwali, la fête des lumières. Pour le premier ministre britannique, David Cameron, qui a à son actif deux nouvel an indien depuis qu’il est arrivé au 10 Downing Street en 2010, Diwali représente « la victoire du bien sur le mal ». Une allusion non-voilée à la mort du colonel Kaddafi, tué le 20 octobre 2011.

 

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Diwali est la contraction du mot sanskrit Dipawali.
Dipa
signifie lampe et Wali veut dire rangée de lampes
 


Dans la culture indienne, Diwali symbolise la victoire de Rama, héro de la célèbre épopée, Ramayana (Marche de Rama) qui date d’environ deux siècles avant notre ère. Rama est le fils du roi d’Ayodhya (nord de l’Inde). Le prince se marie à Sita. Alors qu’il est nommé roi, il est victime de jalousie et condamné à quatorze ans d’exil durant lequel sa femme se fait enlever et emporter à Lanka (actuel Sri Lanka) par le roi des démons, Ravana. Rama parvient à trouver l’endroit où sa femme est tenue prisonnière et avec l’aide d’une armée de singes, parmi lesquels se trouve Hanuman, il fait construire une digue pour gagner l’île de Lanka. Une guerre s'ensuit, opposant Rama à Ravana. Le premier triomphe de cette confrontation entre le bien et le mal. Il retourne ensuite à Ayodhya, où la fin de son exil marque une nouvelle ère dans le calendrier indien.


Plus de 2000 ans plus tard, cette célébration n’a pas pris une seule ride. Dans tous les pays où la diaspora indienne a posé ses valises, Diwali est célébré ostensiblement ou de façon plus discrète. Après les Etats-Unis, où vivent 4 millions d’Indiens, le deuxième pays à accueillir la diaspora indienne est l’Angleterre avec 1 600 000 Indiens. Outre-Manche, une grande partie des Indiens résident à Londres, dans les Midlands de l’Ouest (Birmingham, Leicester) ou dans d’autres grandes villes comme Manchester.

 

La communauté se distingue par sa culture. Elle organise des festivals comme Janmashthami (naissance du dieu Krishna), Navratri (la fête des neuf nuits), Diwali afin de garder les liens avec l’Inde. Mais sur 1000 associations seulement 200 ont une activité soutenue et régulière. Les expatriés indiens ont infusé leur culture en Angleterre. En effet, quelque deux millions d’Anglais consomment au moins un repas indien par semaine. D’ailleurs, les restaurants et échoppes indiens pullulent dans les rues de Southall, Wembley, à tel point qu’on se sentirait transporté à New Delhi. Les Indiens s’affichent aussi au cinéma. Les recettes mondiales des films de Bollywood et des séries télévisées indiennes s’élèvent entre 3 et 4 milliards de dollars. D’après le Financial Times, le nouveau blockbuster indien Ra.One, sorti le 26 octobre et qui a coûté 30 millions de dollars, était à l’affiche dans onze multiplexes anglais (link).

 

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Le temple Swaminaryan Mandir de Wembley,
ouvert en 1995, est le plus grand sanctuaire hindou d’Europe

 

Sur le plan économique, la diaspora indienne a un poids considérable. Selon l’Institut des recherches sociales et économiques de l’université d’Essex, le revenu annuel par indien, 15,860 £ (18,000 Euros), est le plus élevé du pays. 10% supérieur à la moyenne. Les NRI (Non-resident indians, la diaspora indienne en anglais) gagnent leur vie en travaillant dans les secteurs du commerce, de l’industrie, de l’ingénierie, des technologies de l’information et de la communication. Certains évoluent dans les hôpitaux anglais, d’autres dans la vente de détail (commerçants).


Avec une force de frappe largement basée sur l’échange culturel, la diaspora indienne a une influence non négligeable sur la société britannique. Il arrive parfois au légendaire flegme britannique de vivre au rythme du desi beat (rythme indien).

 

Mayore Lila Damji

 

Crédits photos: link

Publié dans Culture

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