Anna Hazare: nouvelle grève de la faim

Publié le par Mayur

Après l’arrestation mardi 16 août 2011 à New Delhi de Anna Hazare, ce militant du Maharashtra qui veut s’attaquer fermement à la corruption, les autorités indiennes ont ordonné sa libération. Mais durant ce court séjour dans la prison de Tihar, l’homme âgé de 74 ans a entamé une nouvelle grève de la faim pour inciter le gouvernement de Manmohan Singh à muscler son projet de loi contre la corruption et lui permettre de manifester. Le pouvoir politique indien s’en trouve ébranlé.

 


Anna HazareAnna Hazare, lors de sa première grève de la faim en avril dans le jardin Jantar Mantar
 

 

Les bakchichs et autre pot-de-vin ont coûté plus de 38 milliards d’euros aux Indiens. De plus, plusieurs scandales de corruption ont éclaboussé les ministres de Manmohan Singh, qui n’a pas pris des mesures draconiennes pour combattre la corruption.  

Le projet de loi contre la corruption a été élaboré en 1966 et depuis aucun gouvernement ne l'a voté. Les atermoiements des hommes politiques indiens ont poussé Anna Hazare à forcer la main au gouvernement, au prix de sa vie. Son objectif: que la plus grande démocratie du monde se débarrasse de la corruption qui la ronge. En effet, Transparency International classe l’Inde parmi les pays les plus corrompus au monde, 87ième sur 174.  

 

Les revendications de Anna Hazare:

  • Faire voter un projet de loi, le Lokpal Bill (loi protectrice du peuple), qui permettrait dans le cas où les ministres, fonctionnaires, juges et même le Premier ministre sont impliqués dans des affaires de corruption de les poursuivre voire les emprisonner
  • Avec cette loi, les citoyens pourraient eux-mêmes demander à lancer une enquête si des membres du gouvernement sont accusés de corruption
  • Anna Hazare demande à ce que des membres de la société civile soient présents dans le groupe de ministres chargés par le Premier ministre indien, Manmohan Singh, pour élaborer une loi contre la corruption.
  •  L'ancien militaire exige que les ministres  qui ont un passé politique controversé se retirent du groupe de ministres
  • Si la loi est adoptée, les activistes exigent à ce que les ministres pris la main dans le sac soient condamnés à 6 ans de prison au minimum ou à la prison à vie, la peine maximale

 

 Le projet de loi du gouvernement indien prévoit:

  •  Une loi qui ne punirait pas les fonctionnaires corrompus mais qui enverrait en prison celles ou ceux qui porteraient de fausses plaintes contre les fonctionnaires
  • Seuls les membres du Parlement ainsi que le Premier ministre seront concernés par cette loi
  • Le gouvernement élabore une loi qui ne puisse pas engager des poursuites contre les ministres corrompus
  • Le groupe de ministres fixent la peine de prison de 6 mois à 7 ans, maximum

 

Mayore Lila Damji

 

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