63 ans de liberté

Publié le par Mayur

L'Union indienne célèbre aujourd'hui le 63ième anniversaire de son indépendance obtenue de l'Empire britannique le 15 août 1947. Une date qui a changé la carte du monde.

 

« Sur le coup de minuit, quand les hommes dormiront, l’Inde s’éveillera à la vie et à la liberté ». Cette phrase prononcée par Jawaharlal Nehru, 1er premier ministre de l'Inde, est un des passages marquant du discours de la déclaration d'indépendance du sous-continent. Une libération acquise en grande partie grâce à la philosophie non-violente de Gandhi. Une croyance dans le pacifisme propre à la civilisation harappéenne qui a peuplé les rives de l'Indus 5 000 ans avant J-C.

L'Inde par sa richesse culturelle, ethnique, philosophique et surtout par ses marchandises exotiques a toujours était un eldorado pour les marchands, les hommes de lettres et les explorateurs.

C'est en 1757, en pleine période des « grandes découvertes », que la Compagnie anglaise prend le contrôle du Bengale à l'est de l'Inde et s'étend au reste du sous-continent selon les nécessités économiques et stratégiques. Des réformes sont entreprises contre l'esclavage, l'auto-immolation des veuves et l'infanticide.

Mais le réformisme social britannique inquiète les recrues indigènes de l'armée des Indes, issues de la haute caste. Une rumeur est lancée sur l'intention des Britanniques de convertir les membres de l'armée. La première rébellion, paysanne et locale, a donc lieu en 1857 dans la plaine du Gange. C'est la révolte des cipayes. Un soulèvement destiné à rétablir l'ordre pré-colonial et pas une lutte pour l'indépendance nationale.

En 1885, le Congrès national indien voit le jour. Il est composé de la petite élite indienne de haute caste instruite à l'anglaise. D'inspiration libérale mais loyaliste envers la Couronne britannique, il revendique des droits politiques pour le peuple indigène.
En 1906, les musulmans se manifestent pour la première fois sur le terrain politique en tant que communauté distincte face à la majorité hindoue, en fondant la Ligue musulmane dont le président est Muhammed Ali Jinnah.

 

Lutte pour l'indépendance

 

Avec l'arrivée en Inde en 1914 de Mohandas Karamchand Gandhi, le Congrès national indien établit enfin une assise populaire. L'image d'un soldat de la paix habillé en paysan pauvre soulève rapidement la ferveur populaire. Il lance en 1921 le « mouvement de non-coopération » destiné à boycotter les institutions coloniales et les produits européens. Le nationalisme qui était avant l'apanage de l'élite instruite s'élargit au mouvement de masse.

En 1922, Gandhi suspend le mouvement qui sombre dans la violence. La suspension du mouvement pousse certains activistes de la non-coopération à recourir à la violence, notamment Bhagat Singh. Adepte de Gandhi et de la non-violence, il décide de lutter avec les armes pour chasser les Britanniques. Il a été pendu à l'âge de 24 ans. Considéré comme un martyr de la cause indépendantiste, il est l'un des premiers marxiste en Inde.

Pendant la crise économique mondiale de 1929 alors que la Grande-Bretagne s'apprête à donner une nouvelle constitution à l'Inde, Gandhi et le Congrès réclament le statut de dominion, un État autonome au sein de l'Empire britannique.

Le « mouvement de désobéissance civile » est violemment réprimé et les forces politiques se radicalisent. La Ligue musulmane réclame un État musulman séparé. Au début de la Deuxième Guerre mondiale quand le Royaume-Uni annonce l'entrée de l'Inde dans le conflit sans consulter ses dirigeants politiques, le Congrès déclare soutenir l'effort de guerre si seulement l'Inde accède à l'indépendance à la fin de la guerre. La Couronne britannique refuse cette condition et Gandhi et le Congrès lancent un nouveau mouvement de désobéissance civile, Quit India.

Tous les acteurs du mouvement sont incarcérés à plusieurs reprises et plonge le pays dans une violence insurrectionnelle.

A la fin de la guerre, l'Inde, le joyau de la couronne, devient un fardeau pour l'Empire. En 1947, le gouvernement travailliste envoie lord Mountbatten comme vice-roi pour assurer la transition du pouvoir aux représentants politiques indiens.

 

Au XXIème siècle

 

Aujourd'hui, l'Inde est considérée comme la plus grande démocratie du monde (3 287 263 km2) et la plus complexe avec 1,2 milliards d'habitants et une mosaïque culturelle et religieuse qui est parfois source de conflits. Un État multiconfessionnel où la présidente du Parti du Congrès, parti au pouvoir, est d'origine italienne; le président de l'Inde entre 2002 et 2007 était un musulman qui a fait prêter serment au premier ministre actuel Manmohan Singh, qui est sikh.

La Constitution de l'Inde, entrée en vigueur en 1950, est la plus longue du monde avec 395 articles à l'origine. Avec le Hindi, langue officielle et l'anglais, langue officielle associée, la Constitution reconnaît 21 autres langues.
63 ans après l'indépendance, l'Inde doit encore parcourir un long chemin dans la lutte contre la corruption, la faim, le travail des enfants... Selon l'index de pauvreté multidimensionnel, publié récemment huit Etats indiens comptent à eux seuls plus de personnes souffrant de la faim (421 millions) que les 26 pays africains les plus pauvres (410 millions). La corruption et l'inefficacité du gouvernement sont en partie responsables de cette sous-alimentation. 70 % des 12 milliards consacrés à la lutte contre la pauvreté sont dépensés dans les frais de transport et les coûts bureaucratiques.  

 

 


Mayore Lila Damji

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